Histoire

histoire de rennes
À l'époque celtique et sous les Romains, Rennes était la capitale d'un peuple appelé les « Redones »c'est au IIIème siècle qu'elle prit le nom de cette peuplade, abandonnant ainsi son antique dénomination gauloise de Condate, le confluent. À la vérité, ce n'était alors qu'une très petite bourgade dont l'influence n'allait guère au-delà du territoire situé situé au confluent de l'Ille et de la Vilaine.

Dans une Bretagne morcelée, Rennes, à la chute de l'Empire Romain, va prendre de l'importance et devenir le siège d'un évêché et le lieu de résidence d'un comte. Fortifiée, la ville constitue un des derniers bastions du peu de

civilisation que les Gallo-Romains et les Francs ont à défendre face aux Celtes armoricains. Il en est ainsi jusqu'au IXème siècle, avant que Naminoë ne vienne jeter les fondements d'une politique indépendante face à un pouvoir carolingien partout déliquescent. Bientôt rattachée à une principauté de Bretagne quasi-indépendante, la ville conserve néanmoins un évêque suffragant du métropolite de Tours. Mais la division s'installant à son tour en Bretagne, Rennes ne retrouvera de suprématie politique qu'à la fin du XIème siècle, à la faveur du rôle prééminent de ses comtes dans la lutte contre les Normands. Désormais, le nouveau duc de Bretagne doit venir se faire proclamer en la cathédrale de Rennes et, durant la féodalité, un tel privilège suscite bien des convoitises autour de la ville de la part des innombrables compétiteurs.

Après la rivalité d'Henri II Plantagenêt et de Philippe Auguste, puis une longue période d'accalmie, la lutte d'influence reprend de plus belle entre la France et l'Angleterre, au XIVème siècle, sous le prétexte de la querelle de deux prétendants: Jean de Montfort et Charles de Blois, celui-ci soutenu par Du Guesclin, débloque en 1356 la ville assiégée par une armée anglaise. Enfin, à la suite du traité de Guérande, la ville peut s'installer peu à peu dans une longue période de paix.

Dans un Duché de Bretagne qui connait alors une ère d'indépendance, Rennes compte jusqu'à 12 000 habitants et déborde maintenant de ses murs. Il faut créer une deuxième enceinte, puis une troisième. Sa turbulence, pourtant, réveille bientôt les appétits du roi de France. Lorsque la duchesse Anne succède à François II, elle se trouve rapidement assiégée dans la ville et réduite à négocier l'Union de la Bretagne à la France. Le Traité d'abord provisoire deviendra définitif en 1532. Rennes ne perdra rien au change: dès 1548, Henri II autorisera ses bourgeois à élire des échevins; bientôt viendra le Parlement.

Tenant d'abord, tour à tour, ses séances à Nantes ou à Rennes, le Parlement de Bretagne s'installe définitivement dans cette dernière en 1561 et ne cesse dès lors de résister aux édits qui attentent aux privilèges traditionnels de la Province et de la Ville. Il ne suivra pas le parlement de Paris dans la Ligue et Rennes se fermera en 1589 au duc de Mercoeur. Mais, lorsqu'en 1675, une insurrection éclate dans la ville pour protester contre de nouveaux impôts établis sur le tabac et le papier timbré, le Parlement ne soutient guère le pouvoir royal et se voit puni de sa tiédeur par un exil à Vannes. Avec la mort de Louis XIV, le Parlement de Rennes reprend une position en flèche dans la lutte contre l'absolutisme royal, faisant preuve d'autant d'habileté à défendre ses privilèges et ceux de la ville, que d'ardeur démagogique à empêcher la levée d'impôts nouveaux. L'antagonisme trouva son couronnement dans la révolte conduite par le procureur général La Chalotais, en 1765. La monarchie y perdra beaucoup de son prestige. Celui du Parlement n'en sortira pas grandi non plus, car c'est en vain qu'il s'opposera en 1789 aux décrets de l'Assemblée Constituante.

Malgré la faiblesse relative de sa population qui avoisinait les 30 000 habitants au XVIIème siècle, Rennes n'échappait pas à l'entassement des maisons de bois et de torchis, souvent insalubres. La moindre maladie contagieuse prenait des allures dramatiques: en 1632, une peste violente avait rendu la ville quasi-déserte. Moins meurtrier mais aussi spectaculaire fut l'incendie de 1720. En sept jours, plus de 850 maisons furent détruites et plus de 8 000 personnes sinistrées. Il fallut reconstruire la ville et les meilleurs architectes s'y employèrent, donnant finalement à Rennes son noble aspect actuel.

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